| No hagan bandera
Voici le nouveau projet conçu et développé
par ces trois musiciens sud-américains d’exception.
Chacun d’eux a parcouru les scènes les plus prestigieuses
de la musique populaire dans tous les continents, souvent en qualité
d’accompagnateur, arrangeur ou directeur musical aux côtés
de grands artistes tels que Dino Saluzzi, Paquito de Rivera, Mercedes
Sosa, Stéphane Grappelli, Yuri Buenaventura, Patrice Caratini,
Julien Lourau, entre autres.
Pourquoi " La tregua " ( la trêve)? Une véritable
trêve dans la bataille de tous les jours. La lutte pour rester
actif dans une géographie musicale qui impose, accablante,
son esthétique aveugle de marché. La tregua c'est
ça et seulement ça : une trêve. Il ne s'agit
pas ici d'un geste politique quelconque, stratégique, ce
n'est pas la défense d'une origine ou d'une intention révolutionnaire.
Il n'y a pas ici non plus une prétention fondatrice d'une
quelconque résistance esthétique, il s'agit seulement
d'un acte de pure liberté, un souffle d'air frais, gratuit,
inattendu et paradoxalement nécessaire.
Peut-être est-ce pour cela aussi que l'album s'appelle "no
hagan bandera" ("gardez un profil bas" ou, un peu
plus littéralement, ne montrez pas votre drapeau). Fatigue
de cette obsession du symbole qui marque l'origine, le signe d'une
identité prototype. Pour une fois, et justement parce qu'enfin,
il s'agit ici d'une trêve, ce n'est pas la différence,
l'évidence des origines (aviez-vous remarqué qu'on
vient du Sud et d'un autre continent?), qui est en jeu. Il n'y a
pas de drapeau pour dénoncer notre particularité.
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