mogno - X001

Philippe Libois compositions, piano

Ensemble Musiques Nouvelles
Jean-Paul Dessy - direction,
Vincent Bruyninckx - piano (sauf 06) & Fender Rhodes,
Hervé Degée - basson & contrebasson,
Pascal Donzée - trompette & bugle,
Berten d’Hollander - flûtes,
Philippe Libois - synthétiseur & piano (06), Louison Renault - percussions.

CRFMW
Électronique “live” et spatialisation : Jean- Marc Sullon, Patrick Delges & Giorgio Klauer
Contacts

Mail to : info at mognomusic.com

philibois@softhome.net


Philippe Libois / Ensemble Musiques Nouvelles / CRFMW - "Send & Return"

Une musique inspirée et impressionniste se déclinant en plusieurs études explorant les principaux effets électroniques permettant de modifier les caractéristiques du son (timbre, hauteur, intensité, durée, placement dans l’espace et dans le temps…). Chaque étude porte sur un effet spécifique dont les caractéristiques ont servi de cadre de travail pour la composition. Les sons sont traités pendant l’exécution de l’œuvre (plutôt que de faire l’objet d’un travail ultérieur en studio) et viennent se méler aux sonorités originales des instruments, inspirant ainsi les interprètes.
Ecrites pour sextuor et deux techniciens modulateurs, les études sont dirigées par Jean-Paul Dessy ; le " Centre de Recherches et de Formation Musicales de Wallonie " assurant la partie électronique et la spatialisation.
01 Etude sur le detune (P. Libois)
5’12’’
02 Etude sur les délais - 01 (P. Libois)
13’07’’
03 Etude sur les délais - 02 (P. Libois)
6’27’’
04 Etude sur les délais - 03 (P. Libois)
4’39’’
05 Etude sur le sampling et la synth¸se granulaire (P. Libois)
22’00’’
06 Etude sur le modulateur en anneau, le filtrage, le freeze et le leslie (P. Libois)
9’50’’
    61’48’’

Notes sur le projet...

Sur le plan musical, " SEND AND RETURN" constitue une exploration systématique des principaux effets électroniques permettant de modifier les sons et leurs caractéristiques ( timbre, hauteur, intensité, durée, placement dans l’espace et dans le temps…) Chaque étude porte sur un effet spécifique dont les possibilités sont explorées à travers la pièce ; les caractéristiques de l’effet, sa " couleur générale ", les possibilités techniques qui en découlent servant de cadre de travail pour la composition.

" Etude sur le detune " :
De facture relativement simple et classique, l’étude repose sur un effet ayant pour centre un effet de detune, combiné avec un léger filtrage et de la réverbération. L’ensemble donne un son aérien, un peu irréel, donnant l’envie aux musiciens de jouer de façon lascive en se laissant porter par l’effet.
Après une courte introduction, l’effet est introduit sur un trait ascendant joué par la flûte, ouvrant l’espace et faisant " décoller " le son.

" Etude sur les délais " (conception électronique, Jean-Marc Sullon) :
Construite sur un schéma classique (trois mouvements : vif, lent, vif), elle explore les multiples possibilités des délais qui, comme leur nom l’indique, permettent de reproduire un élément sonore avec un certain " délai " dont on peut fixer la durée.
Le premier mouvement est précédé d’une introduction impartie aux percussions à peaux qui doivent transiter par différents délais. La ré injection de l’effet dans lui-même permet au percussionniste de construire des boucles en y incorporant progressivement différents éléments : il peut alors rejouer en s’appuyant sur celles-ci. Après un bref tuilage par le piano, le premier mouvement débute par des boucles rentrées " à la volée " par le pianiste. Chaque instrument se voit appliquer un délai différent en rapport avec la métrique générale, ce qui donne au tout une allure de " canon multiple ". L’ensemble se résout sur un motif résolument tonal qui subit un triple effet de déphasage.
Pendant le mouvement lent, des tenues de vents sont entrées dans différents délais qui tournent en boucles et qui, en s’ouvrant successivement un peu plus tard, donnent naissance à des accords. Un des technicien-modulateurs modifie ensuite la vitesse de lecture des délais, d’où un effet de distorsion. Un passage de piano à son tour capturé est relu mais dans un délai beaucoup plus court que la phrase (d’où un effet aléatoire de superposition de différentes strates temporelles) et subira le même sort. Le mouvement se termine par des pitch-delais qui donnent des cascades de notes descendantes.
Le dernier mouvement est un genre de " concertino pour orchestre ". Des gerbes de délais appliqués aux claviers créent des polyrytmies complexes. Après une courte cadence au synthétiseur, la coda finale conclut la pièce de façon tonique en réutilisant des matériaux du 1ier et du dernier mouvement.

" Etude sur le sampling et la synthèse granulaire " (granulation, Giorgio Klauer,sampling,Ph.Libois) :
Dix courtes séquences jouées par l’orchestre sont successivement rejouées par l’ordinateur qui les explore à l’aide de deux procédés. Le sampling permet de ré agencer les matériaux en leur faisant subir différentes modifications (modification de la durée, de la hauteur, lecture inversée…). La synthèse granulaire permet quant à elle de disséquer littéralement la séquence en détachant des particules de son allant de 1 à 500 millisecondes qui peuvent également subir des altérations (enveloppe, pitch, spatialisation…) et être prélevées de façon très précise ou relativement aléatoire.
L’effet recherché est une exploration systématique du son visant à une économie de matériaux. La forme globale est celle d’une grande arche brisée par un silence.

" Etude sur le modulateur en anneau, le filtrage, freeze et leslie " (conception électronique, Patrick Delges) :
Avant tout conceptuelle, elle repose sur l’opposition de deux univers sonores diamétralement opposés au départ.
D’une part, le piano, appuyé par les percussions métalliques ou le Fender Rhodes, et distordu par la modulation en anneau qui le fait sonner comme un énorme gamelan. D’autre part, l’orchestre jouant au-dessus de " freezes " figeant des micros-intervalles de temps, modulés par des filtres évolutifs et leslies. Opposition entre des matériaux à la texture abrupte et d’autres à la texture lisse.
Progressivement et inexorablement, l’élément fluide s’impose au premier qu’il finit par intégrer.